Aujourd’hui: Etienne Didot

30 10 2008

De la génération rennaise des Frei, Källström, Mensah ou Gourcuff, Didot est sans aucun doute le talent qui fut le moins récompensé. A injuste titre. Car dans la lignée des milieux relayeurs, des techniciens tauliers du milieu de terrain, on peut le proclamer: Didot est l’égal d’un Benoît Cheyrou, un international en puissance qui n’a jusqu’ici jamais déçu.

Paimpolain formé au Stade Rennais, il explose très vite puisqu’il se retrouve titulaire à 20 ans au milieu de terrain dans l’équipe de Laszlo “Vahid” Bölöni. Très vite, il s’affirme comme le patron du milieu, l’indispensable rampe de lancement qui bonifie tous les ballons récupérés par Sorlin et Dudu Cearense puis Mbia, orientant, ouvrant, fluidifiant le jeu à merveille vers l’attaque. En 2006 puis 2007, il est annoncé dans toutes les grosses formations de Ligue 1: Marseille, Lyon, Paris, Bordeaux, Monaco. Il choisit pourtant de rester en Bretagne.

Didot joue à présent au TFC.

En sept années professionnelles rennaises, il dispute ainsi 150 matchs de L1 et 7 matchs de Coupe de l’UEFA. Le remplaçant de Bölöni, Pierre Dréossi, le confirme comme titulaire indiscutable. Pourtant, à l’arrivée de Guy Lacombe, Didot ne joue plus. Aucune explication n’est donnée. Lemoine le remplace. Incompatibilité de caractère avec l’instable Lacombe ? Les supporters acceptent mal de voir leur chouchou en tribune. Finalement, il est transféré en 2008 au FC Toulouse, qui a vendu Dieuze et cherche un joueur plus technique et offensif à associer à Sirieix et Capoue.

Son intégration est immédiate. Immédiatement adopté par les Toulousains, il était la pièce qui leur manquait, le relais indispensable entre la défense et l’attaque. Probablement pas étranger au regain de forme de Gignac, il s’épanouit dans le schéma très joueur d’Alain Casanova. Plus régulier que son prédecesseur Achille Emana, il est sans doute le grand artisan du début de saison surprenant d’une équipe promise à l’enfer. Il défend, attaque, récupère, passe, frappe, oriente, centre, avec toujours une technique juste et un mental de gagnant.

Et au niveau international ? Eh bien… Ca va être difficile. Non pas qu’il n’y ait pas une place de relayeur à prendre; mais Didot ne joue “qu’à” Toulouse. Il est logiquement, en théorie, devancé par Cheyrou ou Diaby. Pourtant il a eu sa chance dans les équipes de jeunes, disputant 28 matchs des -18 jusqu’aux Espoirs tricolores. Il faudrait sans doute que Didot monte encore d’une marche pour qu’on s’aperçoive enfin de son talent. Il a 25 ans. Tout vient à point à qui sait attendre…


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