La beauté de la Ligue 1

16 11 2008

Chaque année, Lille-St-Etienne fait partie des affiches qu’il faudrait réserver à l’avance. Et comme tous les ans, nous n’avons pas été déçus. Quels observateurs, d’habitude enclins à hurler sur leur propre championnat dans un grand mouvement de schyzophrénie masochiste, auront souligné en effet la qualité technique de ce match, son intensité, le plaisir qu’avaient les 22 acteurs à jouer au football ? Plaisir certes assez peu partagé par l’un des deux camps, mais de grâce, qu’on ne nous dise pas qu’ils n’ont pas joué.

C’est bien le moindre des reproches qu’on puisse faire, en effet, au LOSC et à l’ASSE: développer de l’ambition dans le jeu, se faire des passes, aller de l’avant, marquer des buts, gagner des matchs. En crise, Saint-Etienne ? On aurait peine à le croire, ne fût-ce que la réalité du résultat. C’est peut-être leur défense qui est nulle, en fait. Parce que devant pardon, Payet, Gomis, Machado, ça sait jouer au football. Peut-être moins Mirallas, dans une position inconfortable d’ailier droit ouvert aux quolibets de son ex-public.

Simplement en face ça sait mieux jouer au football. C’est ainsi qu’on vit Michel Bastos omniprésent en attaque, à gauche, dans l’axe, à droite, à porter perpétuellement le ballon vers le but d’un Janot qui refusa d’encaisser les cinq ou six pions qu’il méritait, et préféra briller à sa manière habituelle d’arrêts réflexe fantasques. C’était pour mieux souligner le nombre d’occasions que se procurèrent les Nordistes. Pourtant en face c’était chaud aussi: au moins 3 gigantesques occasions superbement amenées dans des prodiges de technique, échouèrent grâce à des retours miraculeux de la défense lilloise.

Les Lillois se congratulent

Les Lillois se congratulent

C’est ainsi qu’on vit le jeune prodige… Eden Hazard. Il n’y a pas mieux que ce genre de n°10 pour bonifier le jeu d’une équipe. Et être décisif, c’est la cerise. Première titularisation, la pression ? Allons donc ! Un contrôle fantastique, frappe, but. Un tel enchaînement ne se voit que dans les plus grandes équipes, chez les plus grands joueurs.
C’est ainsi qu’on vit Obraniak. Autre talent mésestimé. L’action était limpide, fluide. Débordement de Bastos, centre en retrait, et le franco-polonais surgit. Tête, but. C’est simple. C’est beau.
C’est ainsi, enfin, qu’on vit encore une fois Bastos. La base du football. Appel de Vittek, passe en profondeur. Le tchèque marque son premier but sous ses nouvelles couleurs. 3-0.

Le tout s’est joué avec d’autant plus de rythme que les deux équipes avaient bien autre chose à faire que de provoquer des fautes, de hacher le jeu. Elles connaissent leur force. Elles voulaient gagner. Répétons-le, les Verts ne sont pas à leur place. Ils manquent de confiance, certes. Leur défense est médiocre, certes. Leur attaque n’arrive pas à marquer de buts, OK. Mais il y a trop de qualité intrinsèque pour que cette situation dure. En étant en dedans, ils ont montré trop de technique, se sont procurés trop d’occasions potentielles. Cette équipe est quasiment la même que l’an dernier. Nivaldo, seul responsable ? Quel ressort s’est cassé ? A Perrin de répondre.

Bref, un match comme on veut en voir davantage. Et pourtant, on n’a pas eu affaire aux deux meilleures formations du championnat ! Simplement, on s’est prouvé qu’on pouvait jouer au foot, faire du spectacle, marquer des buts. Il suffit de le vouloir. Que faut-il pour que tout le monde fasse pareil ?

Catel


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