Penser à autre chose

22 10 2008

Nous avions raisonnablement raison d’être sceptiques sur la performance d’Hatem Ben Arfa contre Valenciennes. Comme si un joli but pouvait effacer un brouillon tactique absolu. Contre le PSV Eindhoven, l’international français l’a prouvé à grande échelle: dans le brouillon tactique de toute l’équipe de l’OM, il est devenu invisible. Ailier sans débordements, il est le symbole d’un fiasco total qui ne laisse pas d’inquiéter car c’est le fond de jeu marseillais qui est cette fois touché.

Ces Hollandais étaient pourtant plus que largement prenables, c’est indéniable. Equipe jeune, dont le meilleur joueur (Affelay) est une sorte de Ziani jouant à 100% de ses capacités, elle aurait pu se faire écrabouiller sans rémission. Mais leur adversaire sudiste a failli. Cette équipe, depuis l’ère Emon, souffre d’un terrifiant blocage mental: comme elle ne sait pas défendre, elle se refuse à attaquer. Le résultat prévisible est qu’il suffit que son adversaire l’attende pour récupérer tous les ballons au niveau des milieux défensifs et la cueillir comme un fruit quasi mûr.

Eric Gerets, de retour sur les terres qui firent sa gloire, ne les a pas éclaboussées de sa prestance. Les choix du Lion de Rekem sont sujets à caution. Son coaching d’abord: quelle idée de faire rentrer deux milieux défensifs dans une équipe qui avait avant tout besoin de punch devant ? Mais surtout ses conceptions tactiques: Koné, petit gabarit, et Niang, incapable de jouer dos au but, ont un besoin vital de disposer d’un pivot pour les approvisionner en ballons. Lequel pivot, hélas, ne peut être que Samassa, certes. Mais Gerets préfère demander à ses joueurs de jouer en profondeur, même dans les tous petits espaces que leur adversaire consent à leur laisser. Or cette manière de jouer demande une intense maîtrise tactique et mentale que cet OM est loin de pouvoir proposer.

Valbuena transparent (photo l'Equipe)

Mais ce n’est pas l’essentiel. Contre Eindhoven, chaque joueur marseillais, hormis Ben Arfa et Koné, n’a pas été vraiment mauvais individuellement. Mais l’équipe, le collectif, n’a pas existé. Même après le premier but encaissé – et conséquemment, avant aussi, sans doute – cette équipe n’a montré ni force, ni coeur, ni âme. Comme si l’OL en avait fait l’OPA la veille (et Aulas en revendiquait d’ailleurs le monopole après son match). Or pour un Marseillais, c’est bien là l’essentiel. Et quand l’essentiel manque…

Bref, il ne reste qu’à faire les comptes. A moins d’un second miracle à Anfield et d’un sans faute au Vélodrome, l’OM ne peut espérer que la 3e place et l’UEFA. Un moindre mal si cette compétition leur permet d’aller loin (en plus, le Zenit est assez mal embarqué dans sa poule). De plus, peut-être les esprits étaient-ils trop tournés vers le championnat et la perspective de la réception du PSG, affiche pourtant devenue quelconque ? Il est vrai que lorsque vous caressez l’espoir de ravir enfin la couronne au Roi Lyon, le reste devient vite secondaire…

Catel

Ah oui: on ne va pas commencer à faire sa fiche de joueur de L1, mais retenez bien ça: dans deux, trois ans maximum, Taiwo sera le meilleur défenseur latéral du monde. Si.





Et ils se relevèrent…

22 10 2008

…et se remirent dans le sens de la marche. C’était une véritable opération portes ouvertes ce soir qui était organisée pour les huit affiches de la Ligue des Champions, et Lyon n’a pas dérogé à la règle. Huit buts pour ce match déjà décisif que les Lyonnais devaient inpérativement gagner pour envisager les trois derniers matchs avec un plus grand confort. La défense Lyonnaise avait attiré l’attention de la presse toute la semaine. Boumsong et Cris allaient donc devoir enfin se montrer convaincant. Ce n’était pas gagné d’avance, avec un Boumsong qui n’est plus serein depuis longtemps et un policier qui a visiblement égaré son carnet de contraventions depuis le début de l’année ( ou depuis sa blessure, au choix ).

A peine le temps de souffler, que le panneau d’affichage annonce rapidement 2-0 pour les locaux. Bigre, la défense lyonnaise n’est toujours pas au point faut croire. Et oui, ces buts, le Lyon d’il y a deux ou trois ans ne les aurait probablement pas encaissés. Deux buts de la tête sur lesquels les défenseurs Lyonnais avaient les pieds trop enfoncés dans le sol pour aller lutter avec Henrique (8e) et Petre (11e). Oui mais voilà, Lyon sort enfin les griffes et se montre vite bien plus entreprenant que lors de ses 3 ou 4 derniers matchs. On retrouve enfin des enchainements intéressants avec un gros travail de récupération de Juninho, Makoun et Toulalan, qui contrecarent facilement les tentatives de cette équipe du Steuea qu’on pourra tous considérer comme vaillante mais faiblarde. Je dois dire qu’avec toute la mauvase foi qui me caractérise, j’étais certain que Lyon allait repasser devant, et ce avec une avance d’au moins 2 ou 3 buts. La réaction Lyonnaise ne tardait donc pas, Keita inscrivant à la 23 e minute un superbe but, une sorte d’enfant caché entre le but de Kostadinov qui nous prive de World Cup et la légendaire volée de Llacer. Une réaction d’orgeil confirmée une dizaine de minutes plus tard par une fort jolie tête de Super-Benzema, sur laquelle le portier roumain eu la bonne idée de se trouer ( la balle était pourtant sur lui .. )

Oui mais ces roumains là ne manquent pas d’humour..et de ressources, puisque ENCORE une fois ils profitent des approximations lyonnaises sur corner pour placer leur troisième tête de la soirée au fond du but de Lloris. Un but contre le cours du jeu mais qui parait presque anodin tant la pression Lyonnaise fut évidente, et on se delectait déjà à l’avance de la seconde période.

Au sortir des vestiaires, le vraisemblable coup de gueule de Puel portait rapidement ses fruits, Ederson, Benzema et Makoun manquant de très peu l’égalisation entre la 45e et la 55e minute.  Le Show Time Lyonnais fut enclenché, et de façon très symbolique c’est Fred ( à peine entée en jeu ) qui se trouvait à la conclusion d’un mouvement collectif heureux en marquant un vrai but d’avant centre en position arrêtée ( 70e) . Voilà qui devrait rabaisser leur clapet à ces pseudos supporters  qui ne cessent depuis des mois de retourner leur veste à son sujet. Un jour c’est un avant centre de classe quasi mondiale, et la semaine suivante c’est un sac à merde. Franchement, s’il en à marre des sifflets de Gerland, il est le bienvenue au Vélodrome. Pour en revenir au match donc, trois minutes après Fred, c’est Benzema qui détourne joliment du pied et presque dos au but un coup-franc de Juninho. Il est vraiment agaçant à toujours réussir ses coups de pieds arrêtés celui là. Mais bon, aucun joueur ne lui arrive à la cheville dans cet exercice, et ça force le respect. Paradoxalement, c’est après ce but que les Lyonnais se sont recroquevillés derrière et ont subi face à des roumains qui n’ont pas  abandonnés toutes leurs forces dans la bataille. Lyon souffre donc vraiment dans le jeu pour la première fois du match, mais Fred allait finalement réaliser le doubler dans le temps additionnel pour doublement clouer le bec à ses détracteurs.

Et pan, 3-5 après avoir été mené deux fois. C’est suffisant pour retrouver une certaine confiance mais pas forcément pour se rassurer défensivement. Trois buts en une mi temps, et de la tête dont deux corners, ça ressemble aux galères de l’Equipe de France. Vu le niveau du Steuea, j’ai du mal à imaginer que le match retour ne ressemblera pas à une nouvelle orgie de buts. Espérons le, car c’était un régal sur les pelouses européennes : 36 buts en huit matchs. De tout coeur, souhaitons que l’ OM et Bordeaux connaissent à leur tour leur premier succès cette année en coupe d’europe. Et avec autant de buts, pourquoi pas :)

Dageek