Nous avions raisonnablement raison d’être sceptiques sur la performance d’Hatem Ben Arfa contre Valenciennes. Comme si un joli but pouvait effacer un brouillon tactique absolu. Contre le PSV Eindhoven, l’international français l’a prouvé à grande échelle: dans le brouillon tactique de toute l’équipe de l’OM, il est devenu invisible. Ailier sans débordements, il est le symbole d’un fiasco total qui ne laisse pas d’inquiéter car c’est le fond de jeu marseillais qui est cette fois touché.
Ces Hollandais étaient pourtant plus que largement prenables, c’est indéniable. Equipe jeune, dont le meilleur joueur (Affelay) est une sorte de Ziani jouant à 100% de ses capacités, elle aurait pu se faire écrabouiller sans rémission. Mais leur adversaire sudiste a failli. Cette équipe, depuis l’ère Emon, souffre d’un terrifiant blocage mental: comme elle ne sait pas défendre, elle se refuse à attaquer. Le résultat prévisible est qu’il suffit que son adversaire l’attende pour récupérer tous les ballons au niveau des milieux défensifs et la cueillir comme un fruit quasi mûr.
Eric Gerets, de retour sur les terres qui firent sa gloire, ne les a pas éclaboussées de sa prestance. Les choix du Lion de Rekem sont sujets à caution. Son coaching d’abord: quelle idée de faire rentrer deux milieux défensifs dans une équipe qui avait avant tout besoin de punch devant ? Mais surtout ses conceptions tactiques: Koné, petit gabarit, et Niang, incapable de jouer dos au but, ont un besoin vital de disposer d’un pivot pour les approvisionner en ballons. Lequel pivot, hélas, ne peut être que Samassa, certes. Mais Gerets préfère demander à ses joueurs de jouer en profondeur, même dans les tous petits espaces que leur adversaire consent à leur laisser. Or cette manière de jouer demande une intense maîtrise tactique et mentale que cet OM est loin de pouvoir proposer.

Mais ce n’est pas l’essentiel. Contre Eindhoven, chaque joueur marseillais, hormis Ben Arfa et Koné, n’a pas été vraiment mauvais individuellement. Mais l’équipe, le collectif, n’a pas existé. Même après le premier but encaissé – et conséquemment, avant aussi, sans doute – cette équipe n’a montré ni force, ni coeur, ni âme. Comme si l’OL en avait fait l’OPA la veille (et Aulas en revendiquait d’ailleurs le monopole après son match). Or pour un Marseillais, c’est bien là l’essentiel. Et quand l’essentiel manque…
Bref, il ne reste qu’à faire les comptes. A moins d’un second miracle à Anfield et d’un sans faute au Vélodrome, l’OM ne peut espérer que la 3e place et l’UEFA. Un moindre mal si cette compétition leur permet d’aller loin (en plus, le Zenit est assez mal embarqué dans sa poule). De plus, peut-être les esprits étaient-ils trop tournés vers le championnat et la perspective de la réception du PSG, affiche pourtant devenue quelconque ? Il est vrai que lorsque vous caressez l’espoir de ravir enfin la couronne au Roi Lyon, le reste devient vite secondaire…
Catel
Ah oui: on ne va pas commencer à faire sa fiche de joueur de L1, mais retenez bien ça: dans deux, trois ans maximum, Taiwo sera le meilleur défenseur latéral du monde. Si.
