Des Bleus dans Lâam

15 10 2008

Avec un titre pareil, je postule définitivement à une place chez 20 Minutes ,c’est clair. Ce soir, les Bleus ont réalisés une belle performance en s’imposant “à l’exterieur” face à des tunisiens montés sur ressorts mais bien peu inquiétants. Le public du Stade de France, que l’on connait bien pour sa nullité, son inculture et son silence, était paré ce soir de rouge et de blanc pour tenter d’humilier les Bleus sous les sifflets. Pas de pot, au final ce sont les plus nombreux qui rentreront bredouilles, en plus d’être passés pour des cons auprès de tout le pays. Cela dit on peut les comprendre. Une Marseillaise chantée A Capella par Lâam, je crois que comme disait l’autre, après avoir vu ça, on peut mourir tranquille… mourir de rire à coup sûr.

Comme d’habitude, l’Equipe avait encore tout bon sur sa composition, puisque 5 joueurs annoncés titulaires étaient sur le banc. On a les journalistes qu’on mérite je suppose.. Pour l’instant c’est encore Raymond le patron, et ce au moins jusque demain.

On va finir par s’y habituer, mais les français démarrent la rencontre comme des vieux, se laissant malmener par des tunisiens tout feux tout flammes et bien positionnés. Les 30 premières minutes furent passablement inquiétantes, d’autant que Boumsong se muait en nouveau martyr national en se faisant briser les reins par Jemaa, qui poussera Mandanda a commettre une faute grossière pour inscrire le premier but du match. Voilà qui promet quelques tacles bien appuyés sur le maintien de Boum-boum, pourtant pas mauvais contre les roumains.

La suite semblait trop évidente : les bleus garderont l’emprise du ballon suite à la superbe égalisation d’Henry et ont tranquillement dominé des adversaires trop rapidement épuisés par leur débauches d’energie incontrolées. Le match était plié, j’ai même zappé le dernier quart d’heure devant Nip/tuck ( la 5e saison n’est pas terrible d’ailleurs ..) et ainsi épargné mes oreilles de l’implosion en raison des sifflets incessants ( heuresement que Ben Arfa a eu la bonne idée de toucher un minimum de ballons, il a pris cher l petit.. )

Bref,nul doute que demain la presse va pourrir la charnière centrale, encenser les latéraux ( qui ont réalisés un bon match, et Fanni, c’est un ailier oui ou merde ? ), comparer Gourcuff à Dieu, et réclamer la titularisation de Lloris pour le prochain match. Tout va bien , donc…

Dageek





Pas si nul

12 10 2008

Le Clown n’est pas mort ce soir. En dépit d’un résultat comptable qui pourrait sembler déçevant, les Bleus ramènent de Roumanie un point pas si ridicule que ça, même si l’addition aurait due être plus corsée pour cette équipe roumaine d’une tristesse sans fin. Si ce match ne semble pas condamner Domenech, c’est que les tricolores ont livré une prestation très convaincante face à une équipe qui avait sorti le bunker à l’écossaise.

Ce match avait une saveur de déjà vu : selectionneur malmené mais serein, Vieira blessé sans jouer, la Roumanie jouait en 10-0-1 et on prenait encore un but sur coup de pied arreté. Ok, 2-0 c’était mal engagé, mais ces deux buts n’étaient qu’une blague, une sorte de non-sens footballistique. Inutile de dire que Coupet aurait arrêté ces deux buts. C’est d’ailleurs aux alentours de la 30 e minute qu’on a définitivement perdus les roumains, mangés par une équipe de France qui s’accaparaît le contrôle du terrain et du ballon. Comprenez par là que nous avons vu une sorte d’attaque – défense pendant une bonne heure.

Gourcuff, nouvelle idole du peuple.

Il était déjà prometteur avant de partir pour Milan, mais arrivée en Gironde et surtout  son précédent match en bleu contre la Serbie l’ont subitement consacré nouvel-nouvel-nouvel-nouvel-nouvel-nouvel héritier du dieu Zidane. Oubliés les Nasri, Ben Arfa et Benzema, jugés déjà presque périmés aux yeux du supporter de base des bleus ( comprenez ” qui-aime-les-bleus-quand-ils-gagnent ” ), voici le séduisant Yohann Gourcuff, qui a réussi un sacré tour de passe passe hier soir : il était partout et nul part à la fois, se faisant discret mais d’une efficacité remarquable. D’ailleurs il réalisa une superbe passe décisive tout en déviation et parfaitement dosée pour l’infatigable Ribéry, et envoya le ballon hors de portée du gardien roumain en frappant des 35 mètres pour toucher la transversale et signer par la même occasion l’égalisation tricolore. Mais soyons francs, ce gamin est prometteur, et surtout nous tenons enfin le seul joueur qui ressemble à un 10 parmi tous les soi-disant successeurs de Dieu ( c’est ainsi que nous nommerons modestement Z.Z )

Pour le reste, je dois avouer que j’ai eu un petit pinçement au coeur pour Malouda, sorti visiblement peiné, alors qu’il n’avait rien fait d’autre qu’une frappe de mule passant largement au dessus. C’est surement mon côté on tire pas sur une ambulance. Pourtant je suis un de ses plus fidèle détracteur, et je n’ai pas attendu l’Euro pour le conspuer. Ca doit remonter à ses années lyonnaises où je le trouvais largement sur-estimé. Sinon, je n’aime pas trop parler des performances individuelles parce qu’a mon avis, dans un sport collectif, l’évaluation de la prestation de l’ensemble est plus significative que l’étude des joueurs au cas par cas. On aura tous remarqué de trop nombreuses approximations pour ne retenir que le positif. Défensivement d’abord, on peut légitimement s’interroger sur la présence d’Evra, dont la présence offensive peine à compenser les errements défensifs ( cf le premier but roumain, entre autres.. ) . Idem pour Boumsong, titularisé grâce à un concours de circonstance : la blessure de Gallas et un choix étrange de Domenech ( pourquoi titulariser l’appelé de dernière minute plutôt que ceux qui étaient choisis comme remplaçants sur la liste d’origine, Mexès ou Squillacci? )

L’entrée de Briand à la 89e apparaît comme un autre errement de la part du selectionneur, devenu spécialiste des remplaçements tardifs. Faire entrer un feu follet comme Ben Arfa dans le dernier quart d’heure au moment ou les roumains étaient complètement cramés aurait pu nous amener plus près de ce troisième but tant espéré.

Enfin, je pense qu’il ne manque à cette équipe un élément qui permettra de fluidifier le jeu et de réequilibrer le systême de jeu : un numéro 6, un relayeur, entre la défense et le milieu. On doit commencer à s’impatienter du côté de Cheyrou ou de Bodmer. Nous reviendrons surement dans le futur sur le caractère fondamental de ce poste dans le football moderne. Certes Toulalan a été énorme hier, mais il faut lui épargner des efforts inutiles; efforts dont Alou Diarra a été incapable de faire de son côté, jouant le rôle du faire valoir.

On ne peut prédire si Domenech sera encore le selectionneur des Bleus la semaine prochaine. Cependant, qui que soit son successeur, il aura la chance d’hériter d’une équipe qui ne part pas zéro. Et qui pourrait bien faire des misères à ses adversaires lors du prochain mondial.

Dageek





Une trêve dans les esprits ?

10 10 2008

D’abord, un premier point: nous sommes partagés sur Domenech.

D’un côté, nous aimons bien sa personnalité. C’est généralement le point le plus controversé.
Domenech, c’est un mec un peu rebelle. Il se fout de la gueule des journalistes, et quand on voit l’état des médias sportifs en France, on se dit qu’il a raison de ne pas les tenir en haute considération.
Bizarrement, un sondage indiquait avant l’Euro qu’une majorité des Français le tient pour un mec de droite, alors qu’il est plutôt très à gauche. C’est un amateur de théâtre, un bon acteur. Il semble se plaire à jouer un rôle devant les caméras juste pour faire chier la galerie.
Domenech le mec qui n’a pas de réponses toutes faites pour les médias, Domenech le mec qui répond à David Astorga “ouais bof non peut-être c’est pas trop mal” à chaque mi-temps, et franchement TF1 ne mérite pas davantage; Domenech l’astrologue présumé, Domenech les affaires de cul, Domenech la soi-disant liste noire…

Ca devient assez un sport de taper sur lui juste pour taper sur lui.

Maintenant, côté sportif, on est largement plus mitigés.
Nous nous accordons sur le fait que Thuram, Zidane et Makélélé n’ont pas à eux TOUT SEULS envoyé la France en finale. Ou alors, dans la théorie du groupe autogéré, il faut admettre que Zidane (ou Thuram, ou Maké) est un entraîneur de génie encore méconnu, un tacticien capable, sans la moindre expérience professionnelle, de passer toutes les embûches du plus haut niveau mondial. Il suffit de mater la liste des derniers perdants en finale: Völler, Zagallo, Sacchi, Bilardo, Beckenbauer. Pas exactement les premiers venus.
Domenech y est obligatoirement pour quelque chose. Premier point.

Ensuite, l’Euro 2008 a été une catastrophe, et sans doute même le pire Euro de tous les temps pour les Bleus. Les deux années précédentes étaient ponctuées de matchs très chiants, mais bon voilà. Et puis. Les Italiens, eux, n’ont pas hésité à virer Donadoni. Domenech est resté, lui, pour des raisons qui nous semblent très dignes.
Le problème, c’est que en plus d’un jeu chiant, Ray’ s’entête à aligner un 4-4-2 à plat (la tactique la plus difficile à mettre en place, il faut le reconnaître) qui nous semble déséquilibré et manquant cruellement de technique. L’entrejeu est composé de deux purs milieux défensifs, aux qualités de relance et de création de jeu limitées (Toulalan fait ce qu’il peut). Historiquement, jamais aucune grande Equipe de France n’a pu se passer d’un n°10. Kopa (on disait un inter, à l’époque), Platini, Zidane furent les dépositaires du jeu. Aujourd’hui, nous avons des Gourcuff, des Nasri, des Bodmer sous-employés.
Le problème c’est que pendant ce temps, l’Euro 2008 a célébré les milieux offensifs, les créateurs de jeu. Les Deco, Xavi, Fabregas, Ballack, Moutinho, on en passe et des meilleures se sont illustrés comme des pièces majeures des victoires de leurs équipes.
(on pourra objecter que l’Espagne a peut-être gagné grâce au ratisseur qui leur a toujours manqué: Marcos Senna, le Brésilien naturalisé.)
Bon, ensuite, en plus de deux milieux sans relance qui laissent un grand vide entre le milieu et l’attaque, on a deux attaquants au profil identique. Anelka, Henry, Benzema: tout ça c’est plus ou moins la même chose. Des seconds attaquants, pas des purs buteurs à la Trezeguet, ni des pivots à la… Luyindula était le dernier, bref. Des attaquants techniques, dribbleurs, qui décrochent. C’est les mêmes, et ils se marchent sur les pieds.

On commence à se lasser. Ca ne s’améliore pas (si, brièvement, contre la Serbie). On aimerait bien voir un Cheyrou ou un Bodmer alignés. On aimerait bien voir un Reynald Denoueix se préoccuper avant tout de faire jouer son équipe au football; après tout l’ère Jacquet est terminée.
Cela dit, on n’aime pas voir un entraîneur sur le fil du couperet en permanence.

Là, on va jouer contre la Roumanie. On laisse entendre que Domenech, à la première incartade, serait viré. Génial, pour préparer sereinement la qualification à une Coupe du Monde ! Et après, on fait quoi ? On met Deschamps ?
Laissez-nous rire: il n’est supérieur à Domenech ni en palmarès*, ni en qualité de communication, ni en qualité de jeu offensif !
La Roumanie a joué une tactique incompréhensible à l’Euro, bétonnant de bout en bout même quand elle n’en avait plus la possibilité. Espérons qu’ils reviennent à un peu plus d’ambition dans le jeu. Histoire de ne pas voir Domenech accusé de la tactique de son adversaire si jamais on fait 0-0, ou pire si on se prend une McMutu.

Heureusement, la présence de Gourcuff dans le groupe nous donne quelques raisons d’espérer… Le retour au 4-5-1, voire même au 4-3-1-2 de Jacquet ou au 4-4-2 style diamant. Mais qu’on nous donne un 10. SVP.

*Domenech: champion de D2, finale de CDM
Deschamps: champion de SerieB, finale de LDC, Coupe de la Ligue

‘Catel