2007: Valenciennes a retrouvé enfin l’élite du football français l’année précédente. Portée par Savigol, l’équipe d’Antoine Kombouaré cherche à donner du punch à son entrejeu pour faciliter le maintien, aux côtés de Jeovanio et Saez.
Carlos Alberto Sanchez Moreno, né en 1986, a été formé à l’Escuela Alexis Garcia avant de partir très tôt à l’étranger, dans le championnat uruguayen. Il joue deux années au Danubio FC puis est transféré au River Plate – club de Montevideo – où il dispute à nouveau deux saisons. C’est sur lui, à 21 ans seulement, que le président Decourrière va jeter son dévolu. Avec les Colombiens, joueurs souvent très talentueux et athlétiques mais imparfaitement formés, le recrutement est une loterie: soit la recrue s’adapte immédiatement (Yepes, Valderrama), soit ses limites tactiques éclatent et il ne s’impose jamais (Guarin, Pino).

Mais par bonheur, Sanchez appartient à la première catégorie et malgré le changement brutal de climat et d’environnement, découvre un club qui lui convient parfaitement. Il convainc dès le premier match de son équipe en offrant une passe décisive face à Toulouse (il en donnera deux de toute la saison) et en assurant une prestation excellente. Sanchez est un milieu complet: défensif, bon récupérateur, il est doté cependant d’une excellente technique et d’un sens du jeu qui permet à son équipe de faire circuler rapidement et efficacement la balle des arrières vers les avants (Savidan, en l’occurence). Très propre, il ne récolte que deux cartons jaunes cette saison. Sanchez devient très vite le régulateur et un cadre majeur de l’équipe valenciennoise; il dispute 34 matchs dont 30 comme titulaires.
A tel point qu’au bout de six mois seulement, le joueur est déjà visé par des équipes anglaises. Au mercato d’hiver, Manchester City transmet une offre de pas moins de 10 millions d’euros. Valenciennes refuse net. Au pays, les performances de Sanchez font un buzz. Le départ des meilleurs joueurs en Europe est encouragé afin de renforcer l’équipe nationale. Effectivement, la saison suivante, le Colombien étrenne ses 8 premières sélections en Seleccion.
En revanche, à VA, rien ne va plus. En effet, le départ de Savidan va nuire à tout le monde, au-delà des craintes. L’équipe entière s’affiche en méforme, Sanchez le premier, lui qui devrait tirer le milieu de terrain vers le haut. Responsabilité peut-être lourde pour un joueur de 22 ans, qui a néanmoins joué tous les matchs de la saison. Sanchez est à côté de ses pompes, ses performances deviennent médiocres même si son talent est intact. Témoin, deux nouvelles passes décisives face à Lorient et Sochaux, et surtout ce but de 25 mètres somptueux, marqué du pied gauche, contre Monaco. Carlos Sanchez n’est pas mort; tout le monde espère le revoir bientôt rendre lumineux le jeu d’une équipe de foot.
Catel


