Aujourd’hui: Carlos Sanchez

25 12 2008

2007: Valenciennes a retrouvé enfin l’élite du football français l’année précédente. Portée par Savigol, l’équipe d’Antoine Kombouaré cherche à donner du punch à son entrejeu pour faciliter le maintien, aux côtés de Jeovanio et Saez.
Carlos Alberto Sanchez Moreno, né en 1986, a été formé à l’Escuela Alexis Garcia avant de partir très tôt à l’étranger, dans le championnat uruguayen. Il joue deux années au Danubio FC puis est transféré au River Plate – club de Montevideo – où il dispute à nouveau deux saisons. C’est sur lui, à 21 ans seulement, que le président Decourrière va jeter son dévolu. Avec les Colombiens, joueurs souvent très talentueux et athlétiques mais imparfaitement formés, le recrutement est une loterie: soit la recrue s’adapte immédiatement (Yepes, Valderrama), soit ses limites tactiques éclatent et il ne s’impose jamais (Guarin, Pino).

sanchez

Mais par bonheur, Sanchez appartient à la première catégorie et malgré le changement brutal de climat et d’environnement, découvre un club qui lui convient parfaitement. Il convainc dès le premier match de son équipe en offrant une passe décisive face à Toulouse (il en donnera deux de toute la saison) et en assurant une prestation excellente. Sanchez est un milieu complet: défensif, bon récupérateur, il est doté cependant d’une excellente technique et d’un sens du jeu qui permet à son équipe de faire circuler rapidement et efficacement la balle des arrières vers les avants (Savidan, en l’occurence). Très propre, il ne récolte que deux cartons jaunes cette saison. Sanchez devient très vite le régulateur et un cadre majeur de l’équipe valenciennoise; il dispute 34 matchs dont 30 comme titulaires.

A tel point qu’au bout de six mois seulement, le joueur est déjà visé par des équipes anglaises. Au mercato d’hiver, Manchester City transmet une offre de pas moins de 10 millions d’euros. Valenciennes refuse net. Au pays, les performances de Sanchez font un buzz. Le départ des meilleurs joueurs en Europe est encouragé afin de renforcer l’équipe nationale. Effectivement, la saison suivante, le Colombien étrenne ses 8 premières sélections en Seleccion.

En revanche, à VA, rien ne va plus. En effet, le départ de Savidan va nuire à tout le monde, au-delà des craintes. L’équipe entière s’affiche en méforme, Sanchez le premier, lui qui devrait tirer le milieu de terrain vers le haut. Responsabilité peut-être lourde pour un joueur de 22 ans, qui a néanmoins joué tous les matchs de la saison. Sanchez est à côté de ses pompes, ses performances deviennent médiocres même si son talent est intact. Témoin, deux nouvelles passes décisives face à Lorient et Sochaux, et surtout ce but de 25 mètres somptueux, marqué du pied gauche, contre Monaco. Carlos Sanchez n’est pas mort; tout le monde espère le revoir bientôt rendre lumineux le jeu d’une équipe de foot.

Catel





Aujourd’hui: Etienne Didot

30 10 2008

De la génération rennaise des Frei, Källström, Mensah ou Gourcuff, Didot est sans aucun doute le talent qui fut le moins récompensé. A injuste titre. Car dans la lignée des milieux relayeurs, des techniciens tauliers du milieu de terrain, on peut le proclamer: Didot est l’égal d’un Benoît Cheyrou, un international en puissance qui n’a jusqu’ici jamais déçu.

Paimpolain formé au Stade Rennais, il explose très vite puisqu’il se retrouve titulaire à 20 ans au milieu de terrain dans l’équipe de Laszlo “Vahid” Bölöni. Très vite, il s’affirme comme le patron du milieu, l’indispensable rampe de lancement qui bonifie tous les ballons récupérés par Sorlin et Dudu Cearense puis Mbia, orientant, ouvrant, fluidifiant le jeu à merveille vers l’attaque. En 2006 puis 2007, il est annoncé dans toutes les grosses formations de Ligue 1: Marseille, Lyon, Paris, Bordeaux, Monaco. Il choisit pourtant de rester en Bretagne.

Didot joue à présent au TFC.

En sept années professionnelles rennaises, il dispute ainsi 150 matchs de L1 et 7 matchs de Coupe de l’UEFA. Le remplaçant de Bölöni, Pierre Dréossi, le confirme comme titulaire indiscutable. Pourtant, à l’arrivée de Guy Lacombe, Didot ne joue plus. Aucune explication n’est donnée. Lemoine le remplace. Incompatibilité de caractère avec l’instable Lacombe ? Les supporters acceptent mal de voir leur chouchou en tribune. Finalement, il est transféré en 2008 au FC Toulouse, qui a vendu Dieuze et cherche un joueur plus technique et offensif à associer à Sirieix et Capoue.

Son intégration est immédiate. Immédiatement adopté par les Toulousains, il était la pièce qui leur manquait, le relais indispensable entre la défense et l’attaque. Probablement pas étranger au regain de forme de Gignac, il s’épanouit dans le schéma très joueur d’Alain Casanova. Plus régulier que son prédecesseur Achille Emana, il est sans doute le grand artisan du début de saison surprenant d’une équipe promise à l’enfer. Il défend, attaque, récupère, passe, frappe, oriente, centre, avec toujours une technique juste et un mental de gagnant.

Et au niveau international ? Eh bien… Ca va être difficile. Non pas qu’il n’y ait pas une place de relayeur à prendre; mais Didot ne joue “qu’à” Toulouse. Il est logiquement, en théorie, devancé par Cheyrou ou Diaby. Pourtant il a eu sa chance dans les équipes de jeunes, disputant 28 matchs des -18 jusqu’aux Espoirs tricolores. Il faudrait sans doute que Didot monte encore d’une marche pour qu’on s’aperçoive enfin de son talent. Il a 25 ans. Tout vient à point à qui sait attendre…





Steve Savidan, dit “Savigoal”

24 10 2008

C’est exactement pour des joueurs comme lui que nous avons crée cette petite rubrique. Il a de la classe Steve, en dépit d’un physique qui n’impressionne pas grand monde. Drôle de carrière que celle de Savidan. Il en aura passé l’essentiel dans l’obscurité du national et de la ligue 2, tout en évitant de se faire remarquer ( il n’a pas dépassé 6 buts par saisons avant 2003/2004 ) Il faut dire qu’avant de signer à Valenciennes, il n’était pas pro et devait par conséquent travailler parallèlement à sa carrière. Une bien bonne inspiration du club nordiste, puisque Savigol débride enfin le compteur et il devient le principal artisan de la remontée du club du national à la ligue 1 en seulement deux saisons.

Il sait tout faire, Steve. Il est une bizarrerie dans un monde de bourrins. Il enfile des buts exceptionnels qui seraient passés à la postérité ils avaient été inscrits par Messi ou Ronaldinho. Avec sa tête de bon gars  de ch’nord ( qu’il n’est pas pourtant ), on l’inviterait bien au café du coin boire un picon bière et discuter du métier. Il n’est probablement pas très bavard, Steve, mais il doit avoir l’analyse pas mauvaise. Et il évitera de vous jeter les banalités affligeantes du footballeur type, parce qu’il a été fabriqué avec un cerveau, lui. Ou alors il n’a pas frappé le ballon suffisament de la tête pour que ses neurones le trahissent.

Je vous le dit, il sait tout faire, marquer des buts en tout genre, de la papinade au but à la Völler, de la tête, du gauche, du droit, de près, de loin…

Pourtant, lors du dernier mercato,  les clubs ne se sont pas précipités sur ce joueur qui a atteint la trentaine cet année. Caen a remporté l’enchère, et pour 5 Millions ( prix maximum annoncé ) ils réussissent un coup plus que rentable. Dommage qu’un club comme l’OM qui se débarasse de Cissé pour le remplacer par Samassa ne se soit pas plus penché sur son dossier…





Aujourd’hui: Youssouf Hadji

11 10 2008

Frère cadet de l’ancien Villan marocain Mustapha Hadji, Youssouf est formé à l’AS Nancy Lorraine avec lequel il évolue jusqu’à ce que le club tombe en D2. Titulaire en 2e division, il signe néanmoins à Bastia pour y retrouver la D1 et inscrit 13 buts en 2 ans.
Lorsque Bastia descend à son tour, Hadji rejoint le Stade Rennais, où il évolue aux côtés de Källström, Frei, Gourcuff et Monterrubio. C’est pourtant en Bretagne qu’il connaîtra le plus gros trou d’air dans ses prestations, plutôt emprunté sur le terrain, il ne marque que 3 buts en 34 matchs de championnat.

Heureusement, en janvier 2007, son club formateur fait de nouveau appel à lui. Dans la formation de Pablo Correa, Youssouf Hadji retrouve des couleurs à son poste favori: milieu offensif en soutien direct des attaquants Kim, Zerka et Fortuné. Très bon dribbleur, généreux, adroit dans ses prises de balles, en principe milieu droit mais couvrant tout la largeur du terrain, puissant joueur de tête, Hadji prouve de nouveau qu’il est un excellent footballeur, pourtant dans un club peu exposé. Percuteur, perturbant énormément les défenses adverses, il inscrit ainsi 7 buts lors de la saison 2007/2008. Dans son style, il rappelle un peu, en moins tourbillonnant, un certain Ribéry…

Hadji sous ses couleurs nancéennes (photo Panoramic)

De même, en équipe nationale marocaine, Hadji inscrit 11 buts en 35 sélections et marque les esprits notamment contre l’Equipe de France, aux côtés de Chamakh et Sektioui. Parfois critiqué pour une certaine lenteur voir pour son mental, Hadji est néanmoins un vrai joueur de club, sympathique et indispensable.